ADELAP, à chacun son voyage…

À chacun son voyage… Rouler pour vivre, juste vivre, intensément. A deux. Entre mère et fille, apprendre à ouvrir son cœur, son âme. Prendre la route pour rencontrer, partager, rire et retrouver le goût simple et délicieux de la vie. Découvrez le récit et les magnifiques images d’Alexandra de Lapierre, nom d’artiste ADELAP : femme, mère et photographe de talent.

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CARNET DE ROUTE

« Nous avons tous une histoire personnelle. On se trouve souvent mille excuses pour ne pas réaliser, pour ne pas mettre en pratique ce qui nous anime depuis toujours au fond des tripes. Il y a ceux qui dorment et il y a ceux qui rêvent et il y a ceux qui se jettent à l’eau.

Il n’y a aucune règle, il n’y a aucune obligation, nous faisons comme nous pouvons. L’idée du voyage prend autant de significations qu’il y a d’histoires personnelles. Il y a ceux qui voyagent par procuration, par les autres, par les livres, il y a ceux qui voyagent pour eux, pour leur karma et qui gardent jalousement, égoïstement leur voyage sous silence. Il y a ceux qui voyagent pour fuir, quelqu’un, le quotidien, la solitude et il y a ceux qui voyagent pour partager.
Je suis un peu tout le monde, mais je suis surtout ces derniers ! L’idée que je me fait du voyage (petit, grand, énorme), c’est de le partager. Aucune volonté de prouver quelque chose à quiconque, juste le besoin et l’envie du partage.

Mon histoire personnelle fait que je n’ai pas pu, pas su, que je n’ai pas eu l’occasion et le courage de partir, partir en voyage… Lorsqu’une décision douloureuse et audacieuse est prise, la machine d’une vie, enfin, se remet doucement en route. Lentement, elle se permet de revenir à l’essence même, à la genèse, elle se réveille, encore engourdie, de tant d’années de soumissions quotidiennes. Elle prend les rênes, de nouvelles rênes, il n’y a plus un troupeau derrière à mettre en branle, il y a seulement soi ! Ce n’est pas une grande révolution qui s’opère, ce sont des éléments parfois douloureux qui se remettent en place. De petits voyages de liberté prennent vie, des voyages, des escapades pas loin, pas longtemps, juste ce qu’il faut pour prendre la mesure des possibilités qui s’offrent enfin. De ceux-là, on revient plus confiant, on se dit que c’est possible, que rien n’est impossible, il semblerait qu’il suffise d’écouter et de sentir les pulsations intenses de l’énergie qui animent le pantin que nous étions, juste un pantin endormi.

Il n’y a peut-être pas besoin d’une raison pour partir, peut-être qu’il s’agit juste d’un prolongement de ce qui nous impulse. Ma voiture, mon appareil photo, un stylo et un carnet, c’est tout ce dont j’ai besoin… la destination importe peu finalement.

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«Ce qui compte ce n’est pas la destination mais le voyage»

Je m’aperçois au fil des départs, qu’une fois installée derrière le volant, que la route s’offre, s’ouvre, se déroule devant moi, il y a comme une nouvelle réalité qui m’actionne ! Peu importe ce qu’il y a devant, derrière, sur les côtés, tout d’un coup, plus qu’à l’accoutumé, tout prend forme, tout me fascine, tout prend de l’ampleur : une montagne, un nuage, un ruisseau, un champ, un personnage, la pluie, le vent, la mer… tout m’impressionne, tout prend signification… Et cette envie vitale de le partager, le partager par quelques mots, par quelques images. Il ne s’agit plus de partager ces moments pour dire  : « Regardez-moi, regardez ce que je fais» mais juste : « Regardez, regardez ce qui nous entoure».
Au quotidien, mon métier, ma vie me font être dans l’urgence, dans la rentabilité du temps, dans l’efficacité. Loin de moi la contemplation, la pause… Partir, rouler me fait entrevoir que quelque chose d’autre existe et que dans l’ailleurs, on ne peut pas tout maîtriser, qu’il nous faut nous adapter et faire avec ce qui nous arrive.

Je ne suis pas une grande voyageuse, je ne suis pas l’aventurière des terres inconnues. Je n’ai pas fais le tour du monde, je n’ai pas attendu des heures des avions, je ne me suis pas perdue à l’autre bout de la Terre. Non, j’ai juste pris ma voiture de temps en temps, juste pris le volant à pleine mains, me suis juste glissée dans cet habitacle rassurant et confortable qui m’amène là où je lui demande d’aller. On appelle cela un roadtrip et j’en fais des carnets de route.
C’est peut-être une étape pour voyager, peut-être pas, peut-être qu’il n’y aura que des départs…
J’ai rencontré au fil du temps des voyageurs, de grands voyageurs et pour certains, ceux des grands voyages, je suis restée abasourdie et triste devant leur mutisme à raconter ou leur manière négative à épiloguer.

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«Toi qui a voyagé et rencontré des gens différents, tu as vu la beauté» – Rachid Taha

Et je me rassure en me disant que tout dépend de celui qui a voyagé… Certains d’entre eux d’ailleurs ramènent des trophées de voyage pour épater la galerie pour finir par les revendre en brocante, d’autres ont rapporté le vide, le rien…
Je ne porte pas de jugement, je me dis que chacun voyage différemment parce que, finalement, nous avons tous une histoire personnelle différente !
Et puis, il y a un peu plus d’un an, la maladie est entrée dans ma vie, dans nos vies, dans celle de Chloé. Chloé, ma fille de presque 14 ans à l’époque est à présent diabétique de Type1 insulinodépendante. On peut tout dire sur la maladie, on peut entendre toutes les anecdotes, mais quoique l’on dise, quand la maladie nous tombe dessus, il y a comme un monde qui s’écroule…

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«Parce que le voyage forme la jeunesse»

Alors, quelques semaines plus tard à l’annonce du diagnostique de la maladie à vie, on a pris la route toutes les deux. C’est la seule chose qui m’est venue à l’esprit. Pas pour fuir la maladie, mais pour la comprendre, je voulais savoir comment on pouvait gérer la maladie en dehors du quotidien, en dehors de ce que nous connaissons. Je voulais voir mon ado prendre la maladie à bras le corps.
Alors, nous avons traversé la France par les Nationales ! Rien de spectaculaire… et pourtant… pourtant comme ce fut une révélation, et comme ce fut révélateur des capacités que nous avons en chacun de nous à relever les défis.
Ce petit périple de 2500 km aller/retour fut juste une étape! Il a ouvert en moi quelques portes secrètes ! Il a accentué cette notion de partage. De partage avec ma fille, de partage vers les autres lors de rencontres fortuites sur la route, mais aussi de partage de photos et de mots sur les réseaux sociaux !
Alors on a repris la route, Chloé et moi. Juste quelques images lors d’un journal télévisé sur les bains thermaux de Budapest et voilà l’idée de la destination à atteindre !
Quatre mois de non-préparation ou de volonté farouche à me rassurer en m’époumonant à trouver des informations partout sur le voyage à faire, les routes, les villes, les étapes… Nous avons très vite laissé cette quête perdue d’avance…

«Fiez-vous à votre instinct, non pas aux instructions»

Nous sommes parties le lundi 6 juillet 2015 à 6h22 de la maison. Le nez au vent, sans aucune réservation ni adresse avec une tente, deux duvets, un réchaud, des sabots et ma Toyota. L’objectif : les grandes villes d’Europe Centrale ! »

I ADELAP, Alexandra de Lapierre I Contact : adelapbook@gmail.com I Site I Blog I

Retrouvez l’intégralité de ce carnet de route photographique en cliquant ici.

Stéphanie Estève

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