Laos : une journée hors des sentiers battus

Lorsque l’on parle de voyage en Asie du sud-est, on peut difficilement ne pas croiser la route du mythique Mékong ! Je l’imaginais comme un fleuve un peu lourdaud, épais, ondulant comme un vieux serpent marron-vert au cœur d’une nature luxuriante. C’est un animal bien différent que j’ai découvert dans la région de Si Phan Dong (4000 îles), au Laos. Le serpent est fourbe et peut, très rapidement, retrouver de sa fougue, donnant ainsi l’impression de pouvoir sortir de ses gonds à tous moments pour vous avaler en une fraction de secondes… En tout cas, c’est le sentiment que j’ai eu depuis la pirogue qui m’emmenait admirer les chutes de Khon Phapheng, les plus importantes d’Asie du sud-est. Un ressenti certainement amplifié par un niveau de sécurité proche de zéro : pas de gilets de sauvetage à bord, aucun moyen de communication en cas de pépin et un barreur très certainement tombé dans un baril d’alcool de riz lorsqu’il était petit. En route pour l’aventure !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous sommes donc partis à neuf «inconscients» sur une pirogue profilée pour affronter le Mékong. Les premières minutes à glisser sur une eau lisse comme un miroir furent magiques ! Nous partions en terre inconnue, tous avides de découvrir ses mystères. Au fil des kilomètres, le Mékong a commencé à se métamorphoser : eaux bouillonnantes, rapides, courants de plus en plus forts. C’est là, précisément, que nous nous sommes questionnés sur nos capacités à vivre l’aventure sur cette coquille de noix, perdus au milieu de nul part ! Seul notre skipper Lao était parfaitement à l’aise à la manœuvre et faisait véritablement danser sa pirogue dans les rapides. Après 3/4 d’heures de navigation mouvementée, nous apercevions enfin les prémices des chutes de Khon Phapheng ! Pieds à terre, notre barreur nous guida pendant plus d’une heure au cœur de la jungle afin de rejoindre le meilleur point de vue pour admirer les chutes. Là, nous furent tous abasourdis par l’incroyable puissance développée par un Mékong méconnaissable, presque violent.

Après une baignade dans un bras calme du fleuve et un barbecue en pleine nature, nous avons pris le chemin du retour, non sans certains doutes sur les capacités de notre barreur à nous ramener à bon port après deux bouteilles d’alcool de riz ! Mais, au final, nous avons redescendu le Mékong en douceur en appréciant un enchanteur coucher de soleil ! Et mis à part une malencontreuse glissade qui aura eu raison de l’arcade sourcilière de l’un de nos compagnons d’aventure, la journée fut tout simplement extraordinaire !

Stéphanie Estève

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